lundi 16 février 2026

Gunperson, la neutralisation du genre en anglais


Pour les Linguistes atterré·e·s, « l’anglais ne connaît pas de genre grammatical » (Le français va très bien, merci, Gallimard, coll. « Tracts », 2023). Pourtant, nombre d’anglophones, surtout des universitaires semble-t-il, signent leurs courriels en faisant suivre leur nom des pronoms que l’on doit utiliser pour s’adresser à eux/elles/ielles. Si l’anglais ne connaît pas de genre grammatical, on se demande pourquoi, depuis des années, on sent la nécessité de remplacer « chairman » par « chairperson », voire « chair » tout court. Une police locale de Colombie britannique en parlant de « gunperson » plutôt que de « gunman » (ou « gunwoman ») vient de nous offrir un nouvel exemple de ce dégenrement à la suite de la récente tuerie dans une école :

 

‘Gunperson’ in a ‘dress’ behind Canada’s deadliest school shooting in decades, horrified Tumbler Ridge students reveal

By

Chris Bradford

[…]

The identity of the shooter has not been released.

An initial alert issued about an active shooter at the school Tuesday afternoon described the suspect as a “female in a dress.”

The police superintendent later described the shooter as a “gunperson” in a press briefing, the Telegraph reported — fueling speculation that they may have been transgender.

New York Post, Feb. 11, 2026, 4:03 a.m. ET

 

CNN a été plus spécifique quant au genre : « an 18-year-old woman killed at least eight people and wounded dozens. »

Le Devoir du 12 février décrit l’auteur de la tuerie comme « une femme de 18 ans ». Aux infos d’Ici Première (Radio-Canada), on ne parlait que d’une jeune fille même si une personne interviewée dans le reportage faisait référence à un « him ».

Pour Sky News Australia, dont le moins qu'on peut dire est qu’il est  loin d'être woke, le tireur est un homme : « A deranged transgender high-school dropout went on a shooting spree at a British Columbia high school killing eight including his mother and stepbrother before turning the gun on himself. »

Dans une entrevue qu’il a donnée récemment à Stephan Bureau, Christian Rioux nous apprenait que, si Normand Baillargeon avait quitté le Devoir, c’est qu’il refusait les changements qu’on voulait lui imposer dans un article qu’il avait écrit sur la question trans.

Depuis que j’ai créé ce blog, je crois que c’est la première fois que j’aborde un cas aussi chimiquement pur de linguistiquement correct (et qui est aussi politiquement correct).

 

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