mercredi 25 février 2026

Mais que (locution conjonctive)

 

L’autre jour, j’entendais, dans une série télévisée, la locution conjonctive mais que signifiant « quand, lorsque, dès que ». Le Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) en a enregistré 36 attestations de 1538 (Jacques Cartier) à 2000.

On trouve dans le supplément du Littré :

Mais que, ancienne conjonction qui est aujourd'hui hors d'usage, et qui signifiait dès que. Vous pouvez penser comme il fera, mais qu'il soit [dès qu'il sera] doyen des cardinaux, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne. L'affection avec laquelle j'embrasserai votre affaire, mais que je sache [dès que je saurai] ce que c'est, vous témoignera…, Malherbe, ib. Cette conjonction est encore très usitée dans les campagnes normandes.

 

Cet usage a aussi été relevé dans le Glossaire du parler français au Canada :


L’emploi de mais que au sens de « lorsque » n’est pas sorti de l’usage au Québec, du moins dans la langue parlée, puisqu’on peut l’entendre à la télévision. Pourtant, cette locution conjonctive ne figure pas dans Usito. Le dictionnaire en ligne se vante de rendre compte de l’usage québécois qu’il connaît pourtant bien mal, je l’ai souvent montré.


lundi 16 février 2026

Gunperson, la neutralisation du genre en anglais


Pour les Linguistes atterré·e·s, « l’anglais ne connaît pas de genre grammatical » (Le français va très bien, merci, Gallimard, coll. « Tracts », 2023). Pourtant, nombre d’anglophones, surtout des universitaires semble-t-il, signent leurs courriels en faisant suivre leur nom des pronoms que l’on doit utiliser pour s’adresser à eux/elles/ielles. Si l’anglais ne connaît pas de genre grammatical, on se demande pourquoi, depuis des années, on sent la nécessité de remplacer « chairman » par « chairperson », voire « chair » tout court. Une police locale de Colombie britannique en parlant de « gunperson » plutôt que de « gunman » (ou « gunwoman ») vient de nous offrir un nouvel exemple de ce dégenrement à la suite de la récente tuerie dans une école :

 

‘Gunperson’ in a ‘dress’ behind Canada’s deadliest school shooting in decades, horrified Tumbler Ridge students reveal

By

Chris Bradford

[…]

The identity of the shooter has not been released.

An initial alert issued about an active shooter at the school Tuesday afternoon described the suspect as a “female in a dress.”

The police superintendent later described the shooter as a “gunperson” in a press briefing, the Telegraph reported — fueling speculation that they may have been transgender.

New York Post, Feb. 11, 2026, 4:03 a.m. ET

 

CNN a été plus spécifique quant au genre : « an 18-year-old woman killed at least eight people and wounded dozens. »

Le Devoir du 12 février décrit l’auteur de la tuerie comme « une femme de 18 ans ». Aux infos d’Ici Première (Radio-Canada), on ne parlait que d’une jeune fille même si une personne interviewée dans le reportage faisait référence à un « him ».

Pour Sky News Australia, dont le moins qu'on peut dire est qu’il est  loin d'être woke, le tireur est un homme : « A deranged transgender high-school dropout went on a shooting spree at a British Columbia high school killing eight including his mother and stepbrother before turning the gun on himself. »

Dans une entrevue qu’il a donnée récemment à Stephan Bureau, Christian Rioux nous apprenait que, si Normand Baillargeon avait quitté le Devoir, c’est qu’il refusait les changements qu’on voulait lui imposer dans un article qu’il avait écrit sur la question trans.

Depuis que j’ai créé ce blog, je crois que c’est la première fois que j’aborde un cas aussi chimiquement pur de linguistiquement correct (et qui est aussi politiquement correct).

 

mercredi 11 février 2026

Avoir de la neige sur la planche


J’entends ce matin à la radio parler des compétitions de surf des neiges aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pour parler de cette discipline sportive, trois termes sont en concurrence au Québec : surf des neiges, planche à neige, snowboard. Sur le site du Comité olympique canadien et sur celui de France Info, on ne trouve que snowboard. Radio-Canada utilise surf des neiges. Quant au Grand Dictionnaire terminologique (GDT) de l’Office québécois de la langue française (OQLF), après avoir privilégié surf des neiges il lui préfère maintenant planche à neige.

J’ai écrit deux billets critiquant la position de l’OQLF :

Surfer sur la québécitude

La victoire des endogénistes, une victoire à la Pyrrhus