Dans « la
bien-aimée rubrique Point de langue » que « l’été ramène dans son
sillage », nous avons pu lire ces dernières semaines une chronique à
moitié écrite par Vaugelas tant il y a de citations et une autre portant sur quelques obsessions de nos
endogénistes comme bonhomme Sept-Heures et breuvage. « La
littérature française », nous a-t-on appris, « offre plusieurs
attestations du mot breuvage avec le sens de ‘ boisson ‘ ».
Rien d’étonnant, le mot ne peut quand même pas désigner une viande. Ce que la
bien-aimée chroniqueuse oublie (en supposant qu’elle l’ait jamais su), c’est qu’elle
aurait dû tenir compte de la connotation, pas seulement de la dénotation. Elle donne
un exemple : « Citons Voyage au centre de la Terre de Jules
Verne (1864) : ‘ Au dessert, il nous servit quelques tasses de café,
et jamais ce délicieux breuvage ne me parut plus agréable à déguster. ’ »
Le contexte indique clairement que le mot ne désigne pas une simple boisson, qu’il
est pris au sens de « boisson composée, préparée en vue d'un certain
effet, ayant des propriétés particulières, réelles ou supposées (curatives,
magiques, bénéfiques ou néfastes) » (Trésor de la langue française
informatisé).
La dernière chronique, « De
quelques bizarreries visées par les Rectifications de l’orthographe » (Le
Devoir, 1er août 2026), m’offre l’occasion de mentionner
une « bizarrerie » qui a échappé à l’attention de la
lexicologue-professeure qui nous apprend qu’« … on supprime le circonflexe
s’il ne joue pas un rôle distinctif entre deux homophones (maitrise et aout,
mais l’adjectif sûr demeure pour le distinguer de la préposition sur)… ».
J’ajoute que les Rectifications imposent d’écrire mûr (adjectif) avec le
circonflexe pour éviter la confusion avec mur (substantif, ouvrage de
maçonnerie) mais indiquent qu’il faut l’écrire sans accent au féminin. Pourtant,
au féminin, cela introduit bel et bien une confusion avec le fruit, mûre
que les Rectifications écrivent sans accent : les mures sont mures.
Dans mûre, l’accent joue « un rôle distinctif entre deux homophones ».
Je ne doute pas qu’on puisse trouver d’autres incohérences dans les Rectifications.
Rappelons qu’un « banc d’essai » conduit par l’équipe du Robert peu
après la publication des Rectifications concluait que ces dernières ajoutaient
de nouvelles exceptions à une langue qui en contient déjà beaucoup.



