Les récentes auditions de la
commission parlementaire sur l’audiovisuel public ont eu pour résultat de braquer
les projecteurs sur la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. On a
rappelé la phrase qu’elle a prononcée lors de sa prise de fonction en 2015 :
« On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va
falloir que ça change ». C’est ce qui a entraîné le départ de certains
hommes, en particulier Patrick Sébastien. La vengeance étant un plat qui se
mange froid, ce n’est que tout récemment que ce dernier a répondu par une
chanson paillarde à sa mise au rencart :
Cela m’a fourni l’occasion d’aller
voir comment nos dictionnaires traitent le mot pine. Il est tout
simplement absent d’Usito qui, une fois de plus, a perdu une occasion de hiérarchiser
les usages et de les marquer selon sa volonté affichée depuis le début.
Le vieux Glossaire du
parler français au Canada (1930) donne quatre sens au mot pine :
On trouve des attestations
du mot pine dans le Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) mais dans des sens que le contexte ne permet pas de préciser. Le mot
figure aussi dans le Robert québécois (Dictionnaire québécois d’aujourd’hui).
Si Usito n’a pas pine,
il a en revanche pinouche (avec l’indication qu’il s’agit d’un
québécisme familier) dans les deux sens suivants : « petite pièce (en
métal, en plastique, en bois, etc.) servant notamment à accrocher, à assembler,
ou faisant partie d’un mécanisme […] ; petite pièce utilisée dans des jeux
de société ».
Mais Usito n’a pas torpinouche,
juron québécois pourtant attesté depuis 1897 selon le TLFQ. Les attestations
littéraires sont rares mais cela est peut-être dû aux lacunes dans la constitution
du corpus de cette base de données : dans un roman de Robert Choquette (Les
Velder, 1941) et chez Janette Bertrand (Le bien des miens, 2007).
On n’y trouve pas non plus
la locution en torpinouche (« mécontent; beaucoup»), dont il est
facile grâce à Internet de trouver des attestations assez récentes (« Je
n’ai pas de gags, mais j’ai du contenu en torpinouche... », L'actualité, 13
mai 2013).
Cette courte analyse confirme
mon impression que les mots du français québécois régional et populaire comptent
parmi les parents pauvres d’Usito.

