mercredi 13 janvier 2016

Des mots absents du GDT


Dans les deux derniers billets, j’ai traité de la fiche « djihad » du Grand Dictionnaire terminologique (GDT) de l’Office québécois de la langue française (OQLF). J’ai alors découvert que le GDT n’avait pas de fiche sur deux dérivés très usités de ce mot, djihadiste et djihadisme. Ce travail à la pièce qui fait abstraction de la famille sémantique d’un mot montre une fois de plus que l’Office n’applique plus les règles de la recherche terminologique, dans ce cas-ci celle voulant que l’on traite les mots par domaine et non en les prenant isolément. 

Démonstration des conséquences de ce dérapage

Le Larousse en ligne définit ainsi djihadiste : « relatif au djihadisme; qui en est partisan ». Et djihadisme : « mot par lequel on désigne les idées et l’action des fondamentalistes extrémistes qui recourent au terrorisme en se réclamant de la notion islamique de djihad. »


Reprenons maintenant la définition irénique de djihad donnée par le GDT (« précepte coranique qui invite les musulmans pratiquants à faire des efforts sur eux-mêmes pour s'élever spirituellement ou moralement ») et essayons de l’appliquer à un exemple tiré de la presse québécoise récente :

Un djihadiste syrien de 20 ans a exécuté en public sa mère qui avait tenté de le convaincre d'abandonner le groupe État islamique (La Presse, 8 janvier 2016).


Cela donne : Un djihadiste syrien, c’est-à-dire un partisan du précepte coranique qui invite les musulmans pratiquants à faire des efforts sur eux-mêmes pour s'élever spirituellement ou moralement, a exécuté en public sa mère qui avait tenté de le convaincre d'abandonner le groupe État islamique. Caractère absurde ou incomplet de la définition du GDT. C.Q.F.D.


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