« Le
temps doux ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de
langue… » (Le Devoir, 4 juillet 2026). Le temps doux ? Voyons
voir les températures de ces derniers jours à Montréal (merci l’IA!) :
*1er
juillet 2026 : La maximale a oscillé entre 30°C et 33°C, avec un indice
humidex ayant généré des ressentis de près de 45.
*2
juillet 2026 : La maximale a atteint 33°C, avec un ressenti approchant 43.
*3
juillet 2026 : La canicule s'est maintenue avec des températures maximales
de nouveau comprises entre 30°C et 33°C.
Bof,
quand on a la clim’ on ne s’attache pas à ces détails.
La
chronique du dernier week-end, loin d’être « dans une formule à mi-chemin
entre l’essai et la vulgarisation scientifique », est simplement le
programme à peine commenté d’un colloque tenu à l’Université de Victoria en
Colombie britannique. La chroniqueuse était en panne d’inspiration (comme moi
qui écris un billet sur une chronique aussi indigente).
Dans
les commentaires publiés sur le site du journal, on voit qu’un lecteur a tiqué
sur le passage suivant : « Le registre soigné est certes important,
mais il ne constitue qu’une partie de ce qu’on fait avec la langue. » Il
écrit : « Votre énoncé prête à rire, c’est le moins que nous
puissions écrire… ». N’allons pas plus loin. D’ailleurs, ce n’est pas le
seul passage curieux. Par exemple : « Myriam Bergeron-Maguire a
présenté la mine de ressources dont regorgent les ‘ Prize Papers ’
pour l’étude du français en Amérique. » La mine de ressources dont
regorgent…? La formulation est vraisemblablement influencée par le style de
« lettres rédigées par des ‘ peu lettrés ’ ».
La chronique
se termine par cette question : « Et si l’avenir du français résidait
davantage dans une meilleure connaissance des principes qui régissent la langue
et par une acceptation de toutes ses variations plutôt que par la défense du
seul registre soigné ? » Revenons sur terre, les linguistes n’ont pas
attendu le xxie siècle
pour s’intéresser aux divers registres de langue. Ceux qui ont fait un minimum
de philologie française savent qu’il n’y avait pas un seul ancien français et que Villon a écrit en jargon, les
latinistes se sont intéressés à la langue parlée des comédies de Plaute et du Satyricon, on sait que les Grecs changeaient de dialecte selon le genre littéraire, les dialectologues
comme Jules Gilliéron en Europe ou Gaston Dulong et Gaston Bergeron chez nous
ont relevé maints usages populaires, etc. Bref, il y a longtemps que l’Amérique
a été découverte, ce n’est pas la peine de partir à sa redécouverte.
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