dimanche 5 juillet 2026

Douceur de l’été montréalais

 

« Le temps doux ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue… » (Le Devoir, 4 juillet 2026). Le temps doux ? Voyons voir les températures de ces derniers jours à Montréal (merci l’IA!) :

*1er juillet 2026 : La maximale a oscillé entre 30°C et 33°C, avec un indice humidex ayant généré des ressentis de près de 45.

*2 juillet 2026 : La maximale a atteint 33°C, avec un ressenti approchant 43.

*3 juillet 2026 : La canicule s'est maintenue avec des températures maximales de nouveau comprises entre 30°C et 33°C.

Bof, quand on a la clim’ on ne s’attache pas à ces détails.

La chronique du dernier week-end, loin d’être « dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique », est simplement le programme à peine commenté d’un colloque tenu à l’Université de Victoria en Colombie britannique. La chroniqueuse était en panne d’inspiration (comme moi qui écris un billet sur une chronique aussi indigente).

Dans les commentaires publiés sur le site du journal, on voit qu’un lecteur a tiqué sur le passage suivant : « Le registre soigné est certes important, mais il ne constitue qu’une partie de ce qu’on fait avec la langue. » Il écrit : « Votre énoncé prête à rire, c’est le moins que nous puissions écrire… ». N’allons pas plus loin. D’ailleurs, ce n’est pas le seul passage curieux. Par exemple : « Myriam Bergeron-Maguire a présenté la mine de ressources dont regorgent les ‘ Prize Papers ’ pour l’étude du français en Amérique. » La mine de ressources dont regorgent…? La formulation est vraisemblablement influencée par le style de « lettres rédigées par des ‘ peu lettrés ’ ».

La chronique se termine par cette question : « Et si l’avenir du français résidait davantage dans une meilleure connaissance des principes qui régissent la langue et par une acceptation de toutes ses variations plutôt que par la défense du seul registre soigné ? » Revenons sur terre, les linguistes n’ont pas attendu le xxie siècle pour s’intéresser aux divers registres de langue. Ceux qui ont fait un minimum de philologie française savent qu’il n’y avait pas un seul ancien français et que Villon a écrit en jargon, les latinistes se sont intéressés à la langue parlée des comédies de Plaute et du Satyricon, on sait que les Grecs changeaient de dialecte selon le genre littéraire, les dialectologues comme Jules Gilliéron en Europe ou Gaston Dulong et Gaston Bergeron chez nous ont relevé maints usages populaires, etc. Bref, il y a longtemps que l’Amérique a été découverte, ce n’est pas la peine de partir à sa redécouverte.

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