lundi 29 décembre 2025

Le beau cadeau de Noël de Christian Rioux


C’est par sa page Facebook que nous avons appris que Christian Rioux avait été congédié par le Devoir. Le quotidien s’est déjà débarrassé de Normand Baillargeon, Lise Payette, Antoine Robitaille de façon tout aussi élégante.

Sur la page Facebook de Richard Martineau, Christian Rioux explique les raisons de son départ. Extraits : « …depuis le changement de direction, je n’étais pas dans les grâces de la nouvelle équipe. […] …la rédactrice en chef a décidé de resserrer son contrôle sur les chroniqueurs. On m’a par exemple refusé une chronique sur le changement de nom des Dix petits nègres d’Agatha Christie. C’était un mois exactement avant que ce débat n’éclate au Québec avec la suspension de Verushka Lieutenant-Duval à l’Université d’Ottawa. Il y a deux ans, ce contrôle s’est encore resserré virant en une sorte de guérilla permanente. […] Ce harcèlement s’est accentué avec la mise en place d’un groupe de « fact checking » qui est aussi en partie un comité de censure destiné à remettre les chroniqueurs dans la droite ligne. […] sous prétexte d’éthique, ce « fact checking » s’exerce minutieusement sur tous les textes qui concernent l’islam, l’immigration ou le genre, mais à peu près pas sur ceux qui concernent la politique française, la culture ou l’Union européenne. »

Comme par hasard, une note de service de la direction du journal a en partie fuité :

 


On notera que la direction prévoyait qu’il y aurait « une petite tempête ». Ce genre de fuite est typique de la gestion de crise et laisse supposer que la tempête est plus grosse qu’on l’avait prévu. Il pouvait donc être utile d’instiller l’idée que le comportement de Christian Rioux était de nature à nuire à « un environnement de travail sain et respectueux pour l’ensemble du personnel du Devoir, syndiqués et cadres compris ». Quelle est donc cette direction incapable de gérer un chroniqueur basé à 5 500 km du siège social ?

La note de service mérite quelques commentaires linguistiques. La datation est en anglais. L’appellation « groupe pour la rédaction » est pour le moins bancale. « Un dernier texte de salutation » : serait-ce donc que Christian Rioux avait l’habitude d’écrire des textes de salutation ? On notera l’euphémisme : on n’ose pas dire faire ses adieux. Je crois deviner l’identité de l’auteur (oserais-je dire de l’autrice ?) de ce texte.

Plus de 200 personnalités ont accepté de se joindre au mouvement lancé par le constitutionnaliste Daniel Turp « pour interpeller Le Devoir afin qu’il soit fidèle à sa propre exigence ». Il écrit sur sa page Facebook : « je vous invite à me contacter directement par courriel à l’adresse daniel.turp(à)umontreal.ca et vous ferai parvenir l’information relativement à cette mobilisation ».

 

 

mercredi 17 décembre 2025

Phénomènes identitaires


Dans les années 1980, j’ai participé à un colloque dans une fac de gauche, expression qui est rarement un oxymore en France. Une linguiste communiste a tenu à commencer son intervention en précisant son lieu de parole, comme c’était la mode alors : je vous parlerai du lieu de la praxématique.

Aujourd’hui la mode a évolué. Dans le monde anglo-saxon, on trouve maintenant des gens qui précisent les pronoms que l’on doit utiliser pour parler d’eux (cliquer ici). On en a eu récemment une illustration lors d’une assemblée au Royaume-Uni de Your Party, nouveau parti qui rêve d’une alliance communiste, islamiste et trans. Un participant, j’use du masculin parce que j’ai d’abord pensé que c’était un homme, a commencé son intervention en disant « I use she pronouns » (voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ECMde0hTOpQ&t=551s).

 


Rêvons un peu et réécrivons l’histoire. Imaginons le président Félix Faure expirant dans un boudoir à l’Élysée en suçurant :