Pour
les Linguistes atterré·e·s, « l’anglais ne connaît pas de genre
grammatical » (Le français va très bien, merci, Gallimard, coll.
« Tracts », 2023). Pourtant, nombre d’anglophones, surtout des
universitaires semble-t-il, signent leurs courriels en faisant suivre leur nom
des pronoms que l’on doit utiliser pour s’adresser à eux/elles/ielles. Si l’anglais
ne connaît pas de genre grammatical, on se demande pourquoi, depuis des années,
on sent la nécessité de remplacer « chairman » par « chairperson »,
voire « chair » tout court. Une police locale de Colombie britannique
en parlant de « gunperson » plutôt que de « gunman » (ou « gunwoman »)
vient de nous offrir un nouvel exemple de ce dégenrement à la suite de la
récente tuerie dans une école :
‘Gunperson’ in
a ‘dress’ behind Canada’s deadliest school shooting in decades, horrified
Tumbler Ridge students reveal
By
Chris Bradford
[…]
The identity
of the shooter has not been released.
An initial
alert issued about an active shooter at the school Tuesday afternoon described
the suspect as a “female in a dress.”
The police
superintendent later described the shooter as a “gunperson” in a press
briefing, the Telegraph reported — fueling speculation that they may have been
transgender.
—New
York Post, Feb. 11, 2026, 4:03 a.m. ET
CNN a été plus spécifique quant au genre : « an
18-year-old woman killed at least eight people and wounded dozens. »
Le Devoir
du 12 février décrit l’auteur de la tuerie comme « une femme de 18 ans ».
Aux infos d’Ici Première (Radio-Canada), on ne parlait que d’une jeune fille
même si une personne interviewée dans le reportage faisait référence à un « him ».
Pour Sky News Australia, dont le moins qu'on peut dire est qu’il
est loin d'être woke, le tireur est un homme : « A deranged transgender
high-school dropout went on a shooting spree at a British Columbia high school
killing eight including his mother and
stepbrother before turning the gun on himself. »
Dans
une entrevue qu’il a donnée récemment à Stephan Bureau, Christian Rioux nous
apprenait que, si Normand Baillargeon avait quitté le Devoir, c’est qu’il
refusait les changements qu’on voulait lui imposer dans un article qu’il avait
écrit sur la question trans.
Depuis
que j’ai créé ce blog, je crois que c’est la première fois que j’aborde un cas
aussi chimiquement pur de linguistiquement correct (et qui est aussi
politiquement correct).