mardi 19 mai 2026

Torpinouche!


Les récentes auditions de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public ont eu pour résultat de braquer les projecteurs sur la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. On a rappelé la phrase qu’elle a prononcée lors de sa prise de fonction en 2015 : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que ça change ». C’est ce qui a entraîné le départ de certains hommes, en particulier Patrick Sébastien. La vengeance étant un plat qui se mange froid, ce n’est que tout récemment que ce dernier a répondu par une chanson paillarde à sa mise au rencart :

 


Cela m’a fourni l’occasion d’aller voir comment nos dictionnaires traitent le mot pine. Il est tout simplement absent d’Usito qui, une fois de plus, a perdu une occasion de hiérarchiser les usages et de les marquer selon sa volonté affichée depuis le début.

Le vieux Glossaire du parler français au Canada (1930) donne quatre sens au mot pine :

 



On trouve des attestations du mot pine dans le Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) mais dans des sens que le contexte ne permet pas de préciser. Le mot figure aussi dans le Robert québécois (Dictionnaire québécois d’aujourd’hui).

Si Usito n’a pas pine, il a en revanche pinouche (avec l’indication qu’il s’agit d’un québécisme familier) dans les deux sens suivants : « petite pièce (en métal, en plastique, en bois, etc.) servant notamment à accrocher, à assembler, ou faisant partie d’un mécanisme […] ; petite pièce utilisée dans des jeux de société ».

Mais Usito n’a pas torpinouche, juron québécois pourtant attesté depuis 1897 selon le TLFQ. Les attestations littéraires sont rares mais cela est peut-être dû aux lacunes dans la constitution du corpus de cette base de données : dans un roman de Robert Choquette (Les Velder, 1941) et chez Janette Bertrand (Le bien des miens, 2007).

On n’y trouve pas non plus la locution en torpinouche (« mécontent; beaucoup»), dont il est facile grâce à Internet de trouver des attestations assez récentes (« Je n’ai pas de gags, mais j’ai du contenu en torpinouche... », L'actualité, 13 mai 2013).

Cette courte analyse confirme mon impression que les mots du français québécois régional et populaire comptent parmi les parents pauvres d’Usito.

 

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