Il y a de cela plusieurs
années je me promenais rue Saint-Jean à Québec. Il y avait trois religieuses
devant moi et j’entends l’une dire : « chez eux à elle sont venus en
fin de semaine ». Peut-être avais-je déjà entendu l’expression mais je ne
l’avais jamais remarquée.
Ne cherchez pas d’explication
dans Usito, vous ne la trouverez pas. Non plus dans le Dictionnaire
historique du français québécois. Il n’y a pas de quoi s’étonner, ce
dernier est en cours de publication.
En revanche, Le Glossaire
du parler français au Canada (1930) avait noté que « chez nous vont
venir » signifiait « mes parents vont venir » :
On peut discuter de l’analyse
faite par les rédacteurs du Glossaire : il est curieux de définir
ce qu’ils considèrent comme une préposition par des syntagmes nominaux.
Je n’ai pas trouvé d’exemples
de chez utilisé pour former un syntagme nominal sujet dans le fichier lexical
du Trésor de la langue française au Québec.
Du point de vue
étymologique, cet usage dérive du sens « dans la maison de » de la
préposition chez. On trouve en français standard des exemples où « le
groupe prép[ositionnel] peut être lui-même précédé d'une autre prép[osition] à
valeur locale, le concept ‘dans’ étant alors neutralisé et chez
signifiant ‘la maison où habite..., séjourne habituellement...’ » (Trésor
de la langue française informatisé) :
Alors
je songeai, puisque j'avais la clef de chez elle, à aller la voir comme
de coutume. A. Dumas Fils, La Dame aux Camélias,1848, p. 146.
Les
avenues avant chez la tante c'était plein de marrons. Je pouvais
pas m'en ramasser, on n'avait pas une minute... Céline, Mort à crédit,1936,
p. 51.
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