lundi 4 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 4




Chine : une seule contamination locale, 20 cas importés
PÉKIN | La Chine a rapporté mardi un seul nouveau cas d’origine locale de contamination par le coronavirus, mais également 20 cas importés par des personnes entrées dans le pays. 
‑ Le Journal de Montréal, 16 mars 2020

Au cours de la prochaine semaine, des cas de contamination locale pourront être mis au jour. Jusqu’à tout récemment, seuls les gens ayant séjourné à l’étranger ont passé un test de dépistage.
‑ « Le Québec franchit la barre des 50 cas », Le Devoir, 17 mars 2020

Les autorités sanitaires ne rapportent pas encore de contamination locale de COVID-19.
‑ « 14 nouveaux cas de COVID-19 au Manitoba », Radio-Canada.ca


Dans la liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 », l’Office québécois de la langue française (OQLF) a bien une fiche « transmission communautaire » (< community transmission), mais rien sur la transmission locale et encore moins sur la contamination (contagion) locale. Le Grand Dictionnaire terminologique (GDT) est bien à la hauteur de la réputation qu’il a acquise à l’étranger d’être un dictionnaire de calques. Alors que la presse québécoise lui offre des exemples de l'utilisation du terme «contamination locale», il préfère opter pour le calque « transmission communautaire ».


La fiche a la note : « Dans le cas d'une transmission communautaire, la personne infectée n'a pas côtoyé, en connaissance de cause, de personnes connues atteintes par la maladie ». Personnes connues ? La personne infectée n’a pas côtoyé des personnes connues comme le prince Charles, Boris Johnson ou la femme de Justin Trudeau. Il aurait fallu écrire : de personnes dont on sait qu’elles sont atteintes de la maladie. Et que dire de « en connaissance de cause » ? Ne devrait-on pas plutôt écrire « volontairement » ? Toute la phrase est mal rédigée.


Puisqu’il est question d’épidémie et même de pandémie, pourquoi préférer le nom transmission à contamination ou à contagion ?


Le GDT contribue à la contamination, pardon !, à la transmission communautaire des anglicismes au Québec.



1 commentaire:

  1. Le GDT est victime des virus. Lui aussi. Pourtant, il devrait être mithridatisé!

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