dimanche 17 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 7




Les académies et la pandémie (fin ?)


Aujourd’hui, je fais un tableau comparant les termes et expressions traités par Fundéu, organisme relevant de l’Académie royale de la langue espagnole (REA, Real Academia Española) et les termes et expressions apparaissant dans la liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 » de l’Office québécois de la langue française (OQLF) à la date du 6 mai 2020 :

Fundéu
Commentaires et explications
« Fiches et articles en lien avec la COVID-19 »
Commentaires et explications
COVID-19

COVID-19

Gestos barrera

(Absent)

Distanciamiento social
Réserve: distanciamiento social alude al grado de aislamiento de una persona o un colectivo en el seno de su sociedad.
Distanciation sociale
L’OQLF privilégie la traduction littérale même s’il met comme synonyme distanciation physique

Conviviente
«Permitido salir a pasear con un conviviente, según la franja horaria, y a un kilómetro de distancia»
(Absent de la liste)
Mais le GDT a des fiches « conjoint », « colocataire », « concubin »

Volver a una normalidad nueva
Esa secuencia de palabras, en efecto, puede resultar paradójica. Probablemente, el mensaje que se pretende expresar es que se va a recuperar la normalidad, si bien esta normalidad no va a ser la que conocíamos, sino una diferente. 
(Absent)
Le GDT a une fiche « retour à la normale » (qu’il n’a pas produite) mais il n’a pas « retour à une nouvelle normalité »

Poscoronavirus
poscoronavirus como pos-COVID-19 (o pos-COVID) son grafías adecuadas. 
(Absent)


Viricida 
El término viricida es el adecuado para referirse a todo aquello que es capaz de acabar con un virus, por lo que se desaconseja la voz virucida.
(Absent)
Mais le GDT a la fiche « viricide »/ « virucide » (2009). Sa fiche espagnole privilégie virucida et indique viricida comme mexicanisme (ce que contredit Fundéu puisque c’est le terme qu’il privilégie)

Plasma de convaleciente
En la expresión plasma de convaleciente, que refiere a ciertas sustancias extraídas de la sangre que pueden emplearse en algunos tratamientos médicos, no es adecuado omitir la preposición de.
(Absent de la liste et du GDT)


PCR
La sigla inglesa PCR se desarrolla como polymerase chain reaction, que equivale en español a reacción en cadena de la polimerasa. El núcleo de esta expresión, como se ve, es el sustantivo femenino reacción y, por tanto, lo normal es hablar de la PCR.
(Absent)
Le GDT a « amplification en chaîne par polymérase » (1998) et accepte l’abréviation anglaise PCR.

Gran confinamiento
La expresión gran confinamiento se escribe con minúsculas cuando tiene valor meramente descriptivo, mientras que comienza con iniciales mayúsculas (Gran Confinamiento) si se emplea de manera antonomástica para referirse el periodo de crisis provocado por la pandemia de COVID-19.
Confinement est présent dans la liste, mais pas Grand Confinement
La BDL n’indique pas comment écrire Grand Confinement (j’opte pour deux majuscules)

Yatrofobia
Es un sustantivo correctamente formado a partir del griego iatrós (‘médico’) y fobia (‘aversión o ‘rechazo’). Admite tanto la escritura con i como con y.
(Absent)


Seroprevalencia, serotipo
Los términos formados con el elemento sero-, que alude a los sueros, como seroprevalencia o serotipo, se escriben con ese inicial y sin espacio ni guion.
Absent
Le GDT a une fiche multilingue « séroprévalence» (2008) et une fiche bilingue «sérotype» (1998)

Confinamiento
L’anglicismo lockdown, que alude a la reclusión forzosa de los habitantes en sus casas o en una zona determinada, tiene alternativa en español: confinamiento.
Confinement


Desconfinar 

(Le verbe est absent de la liste et du GDT)


Desconfinamiento

Déconfinement


Pico de la curva

Pic épidémique


Aplausazo
homenaje diario que recibe el personal sanitario que trabaja para controlar la pandemia de coronavirus

Le GDT a une fiche «applaudissement» (1962) reprise d’une source externe

Paciente cero
La expresión coloquial paciente cero, traducción del inglés patient zero, goza de uso y no es censurable en el español general.
(Absent)
Mais le GDT a une fiche « patient zéro » (2009) qui, au contraire de Fundéu, n’indique pas qu’il s’agit d’un calque


Caso índice/primario o caso inicial
Sin embargo, en contextos médicos, siguiendo las pautas del Diccionario de términos médicos de la Real Academia de Medicina, es preferible emplear las voces caso índice/primario o caso inicial para referirse al ‘primer caso descrito de una enfermedad, por lo general infecciosa, dentro de una población, que impulsa su investigación y, con cierta frecuencia, representa la fuente o la vía de transmisión de la misma’.
Cas primaire


Infodemia
El término infodemia, que se emplea para referirse a la sobreabundancia de información (alguna rigurosa y otra falsa) sobre un tema, está bien formado y, por tanto, se considera válido.
Infodémie


EPI
la sigla EPI […] significa ‘equipo de protección individual’
(Absent)
Le GDT a une fiche « équipement de protection individuel(le) » et le sigle EPI

Dar positivo
La expresión dar positivo en algo es la preferible para indicar que se ha detectado una sustancia o un organismo en un control, aunque también es adecuado dar positivo por algo.
« Tester positif »
Fiche de la BDL qui critique l’expression

Extubar
Sí, ambos son correctos, aunque extubar es el término más utilizado en el ámbito médico. Según el Diccionario de términos médicos de la Real Academia Nacional de Medicina es ‘retirar un tubo o una cánula previamente insertados en un conducto, en un órgano hueco o en una cavidad orgánica’.
(Absent)
Curieusement, le GDT a une fiche « extubateur » (1978), copiée d’une source externe

Super spreader
Supercontagiador, supervector o superpropagadorson alternativas preferibles en español al anglicismo super spreader, con el que se hace referencia a aquella persona cuya capacidad para transmitir una enfermedad es superior a la de los demás.
(Absent)
Pourtant, le GDT a une fiche « supercontaminateur » datée de 2020!

Inmunidad del rebaño 
Inmunidad del rebaño es la traducción literal de la expresión inglesa herd immunity, que, en español, se denomina también inmunidad de grupo o grupal, inmunidad colectiva, masiva o de multitud.
(Absent)
GDT : Immunité de groupe, syn. Immunité collective. Il mentionne même immunité communautaire

Teletrabajo
El término 
teletrabajo se escribe en minúscula, todo junto y sin guion.
(Absent)
La fiche «télétravail» du GDT date de 2020 (ou plutôt a été revampée en 2020 car il y a une fiche «télétravailleur» de 2007) mais elle n’apparaît curieusement pas dans la liste


Je me contenterai de proposer quelques conclusions sommaires qui se dégagent de cette comparaison.

En premier lieu, les termes dont traite Fundéu proviennent essentiellement des questions qui lui ont été soumises. Dans le cas de l’OQLF, la liste est constituée pour partie d’anciennes fiches dont on a revampé les parties française et anglaise en les datant de 2020 contrairement aux sections donnant des équivalent en d’autres langues qui ont une date antérieure d’une bonne dizaine d’années. Il est difficile de savoir si les définitions françaises ont été refaites et si on a changé des termes.


Peu de fiches de la liste de l’OQLF paraissent avoir été rédigées depuis le début de la pandémie. Comme nouvelles fiches, il y a, bien sûr, COVID-19, mais, pour l’essentiel, l’OQLF, à la suite de Radio-Canada, reprend la position de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en particulier la recommandation d’utiliser le terme au féminin. Des termes apparus récemment dans l’actualité, pensons à proche aidant significatif, sont absents de la liste. La fiche de la BDL sur significatif, mise à jour en mars dernier, ne signale pas cet emploi qui a tout l'air d'un néologisme. D’autres termes fréquents dans les médias, je me contenterai de citer préposé aux bénéficiaires, n’apparaissent pas non plus dans la liste, sans doute parce que, dans ce dernier cas, il a fait l’objet d’une condamnation par l’Office. Dans la fiche « transmission communautaire », on omet le terme contamination locale, qui aurait été plus français. On y lit même que l’agent pathogène se transmet « au sein d’une communauté » plutôt qu’au sein d’une population. Décidément, l’Office ne parvient pas à faire la distinction entre les mots communauté, collectivité et population. Conformément à son habitude depuis une vingtaine d’années maintenant, l’OQLF n’hésite pas à privilégier les traductions littérales de l’anglais et met en vedette distanciation sociale plutôt que distanciation physique.


Devant l’anglicisation de plus en plus marquée du GDT, les responsables de l’OQLF préfèrent se masquer le visage.






samedi 16 mai 2020

Les anglicismes contagieux/ 4



Le titre de la chronique de Normand Baillargeon dans Le Devoir de ce matin nous offre un bel exemple d’anglicisme (américanisme, plus précisément) dont j’ai traité à quelques reprises dans ce blog : « Science et conversation démocratique ». En français, on préfère parler de débat en pareil cas.


La chronique offre aussi quelques autres exemples d’anglicismes. On voit que l’auteur, à force de s’inspirer de lectures qui semblent bien majoritairement anglaises, finit par recourir à une syntaxe inspirée de l’anglais. À preuve, d'une chronique à l'autre, son recours fréquent à l’antéposition de l’adjectif : « un constant suivi biométrique », « cette complexe équation des politiques publique », « ces dangereuses idées », etc. Ce n’est pas que l’antéposition de l’adjectif n’est pas française, c’est sa surutilisation qui est un indice de l’influence de l’anglais.


Influence que l’on trouve aussi dans l’emploi du mot dénialiste (de l’anglais denial). Et aussi dans cette formulation curieuse: « découvrant […] qu’il existait une telle chose que des revues avec comités de lecture constitués de pairs ». C’est évidemment un calque de l’anglais.

Le chroniqueur écrit plus loin :

En quoi devrait consister cette culture scientifique générale que posséderait le plus grand nombre au terme de la scolarité obligatoire ? C’est là une belle et grande question à laquelle j’ai consacré de nombreuses pages.
Je soutiens depuis longtemps qu’avec la culture littéraire, humaniste, la culture scientifique, au même titre que la première, devrait être une composante de la culture générale.


C’est l’occasion de rappeler qu’il est loin d’être le premier à aborder le thème. L’écrivain anglais malheureusement peu connu lord C. P. Snow en a fait un thème récurrent dans son œuvre littéraire (par exemple dans la série de romans Strangers and Brothers) et y a consacré un livre (The Two Cultures and the Scientific Revolution). Ce livre est ainsi résumé dans Wikipedia :

Its thesis was that science and the humanities which represented "the intellectual life of the whole of western society" had become split into "two cultures" and that this division was a major handicap to both in solving the world's problems.


Je préfère pour ma part les deux romans que le baron Snow of Leicester a consacrés à la politique et aux intrigues universitaires de Cambridge, The Masters et The Affair.





lundi 11 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 6




Les académies et la pandémie (suite)

À l’heure où j’écris ces lignes, il n’y a rien sur la façon d’écrire gestes barrière(s) dans la liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 » de l’Office québécois de la langue française (OQLF) :





L’Académie française, qui pourtant n’a pas la réputation de tirer plus vite que son ombre, a mis en ligne, le 7 mai, l’avis suivant :


Le 7 mai 2020
Comment faire l’accord au pluriel d’un groupe composé de deux noms apposés ? Quand il y a identité entre les deux éléments, les deux prennent la marque du pluriel : on écrit ainsi des danseuses étoiles parce que ces danseuses sont des étoiles. Le contexte permet d’ailleurs bien souvent de dire simplement des étoiles. S’il n’y a pas identité, seul le premier élément prend la marque du pluriel, on écrit donc des films culte parce que ces films font l’objet d’un culte, mais n’en sont pas ; on ne dit jamais, parlant d’eux, des cultes. S’agissant de geste barrière, on peut considérer que ces gestes forment une barrière et préférer le singulier, mais dans la mesure où l’on peut aussi dire que ces gestes sont des barrières, l’accord au pluriel semble le meilleur choix, et le plus simple. On écrira donc des gestes barrières.



À SUIVRE

dimanche 10 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 5




Les académies et la pandémie

Un militant de l’Asulf (Association pour le soutien et l'usage de la langue française), M. Gaston Bernier, m’informe que l’Académie royale de la langue espagnole (REA, Real Academia Española), via l’organisme Fundéu (« buscador urgente de dudas »), réagit rapidement aux questions linguistiques que pose la pandémie actuelle. Cela m’a donné l’idée d’aller voir ce que faisait l’Académie française et de comparer avec les réponses que nous a offertes l’Office québécois de la langue française (OQLF) dans sa liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 ».


Commençons par le nom lui-même de la maladie. On sait déjà que l’Office s’est prononcé en faveur du féminin sans préciser que l’emploi du mot au féminin était en fait une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).


Voyons ce que dit l’Académie française :

Le 7 mai 2020
Covid est l’acronyme de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. On dit ainsi la S.N.C.F. (Société nationale des chemins de fer) parce que le noyau de ce groupe, société, est un nom féminin, mais le C.I.O. (Comité international olympique), parce que le noyau, comité, est un nom masculin. Quand ce syntagme est composé de mots étrangers, le même principe s’applique. On distingue ainsi le FBI, Federal Bureau of Investigation, « Bureau fédéral d’enquête », de la CIA, Central Intelligence Agency, « Agence centrale de renseignement », puisque dans un cas on traduit le mot noyau par un nom masculin, bureau, et dans l’autre, par un nom féminin, agence. Corona virus disease – notons que l’on aurait pu préférer au nom anglais disease le nom latin morbus, de même sens et plus universel – signifie « maladie provoquée par le corona virus (“virus en forme de couronne”) ». On devrait donc dire la covid 19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie. Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin le covid 19 ? Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du corona virus, groupe qui doit son genre, en raison des principes exposés plus haut, au nom masculin virus. Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. Il n’en reste pas moins que l’emploi du féminin serait préférable et qu’il n’est peut-être pas trop tard pour redonner à cet acronyme le genre qui devrait être le sien.


L’Académie espagnole croit elle aussi que le féminin est préférable mais ne rejette pas systématiquement le masculin. On notera que sa préférence pour le féminin s’appuie sur un argument beaucoup plus logique que celui de l’OQLF : « con respecto al género del artículo, lo preferible es emplear el femenino, puesto que la sigla COVID está formada a partir de coronavirus disease, ‘enfermedad del coronavirus’. El género femenino se toma del sustantivo enfermedad ». La position de l’OQLF se lit ainsi : « COVID-19 est de genre féminin, car dans la forme longue du terme français, maladie à coronavirus 2019, le mot de base est maladie ». En vertu de la règle telle qu’elle est formulée, on devrait donc dire « la coronavirus ». L'explication aurait dû partir de l'anglais coronavirus disease ou COVID-19 où le terme de base se traduit par le mot féminin maladie plutôt que partir du terme français maladie à coronavirus 2019.


Les deux Académies ont pris position sur le terme « distanciation sociale », position qui tranche avec celle de l’OQLF :


Le 7 mai 2020
L’expression distanciation sociale est une transcription de l’anglais social distancing ; elle est assez peu heureuse, et ce, d’autant moins que ce syntagme existait déjà avec un tout autre sens. On le trouve en effet dans Loisir et culture, un ouvrage, paru en 1966, des sociologues Joffre Dumazedier et Aline Ripert ; on y lit : « Vivons-nous la fin de la “distanciation” sociale du siècle dernier ? Les phénomènes de totale ségrégation culturelle tels que Zola pouvait encore les observer dans les mines ou les cafés sont en voie de disparition. » Distanciation, que les auteurs prennent soin de mettre entre guillemets, désigne le refus de se mêler à d’autres classes sociales. On suppose pourtant que ce n’est pas le sens que l’on veut donner aujourd’hui à ce nom. Distanciation a aussi connu une heure de gloire grâce au théâtre brechtien, mais même s’il s’agit, comme on le lit dans notre Dictionnaire, pour le spectateur, de donner « priorité au message social ou politique que l’auteur a voulu délivrer », il est difficile de croire que ce soit le sens de la « distanciation sociale » dont on nous parle aujourd’hui. Peut-être aurait-on pu parler de « respect des distances de sécurité », de « distance physique » ou de « mise en place de distances de sécurité », comme cela se fait dans d’autres domaines ?

La expresión distanciamiento físico hace referencia a la mayor o menor lejanía entre las personas, que puede medirse en metros, mientras que distanciamiento social alude al grado de aislamiento de una persona o un colectivo en el seno de su sociedad.


On rappellera que l’OQLF, sans rejeter distanciation physique, privilégie distanciation sociale.


À SUIVRE


lundi 4 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 4




Chine : une seule contamination locale, 20 cas importés
PÉKIN | La Chine a rapporté mardi un seul nouveau cas d’origine locale de contamination par le coronavirus, mais également 20 cas importés par des personnes entrées dans le pays. 
‑ Le Journal de Montréal, 16 mars 2020

Au cours de la prochaine semaine, des cas de contamination locale pourront être mis au jour. Jusqu’à tout récemment, seuls les gens ayant séjourné à l’étranger ont passé un test de dépistage.
‑ « Le Québec franchit la barre des 50 cas », Le Devoir, 17 mars 2020

Les autorités sanitaires ne rapportent pas encore de contamination locale de COVID-19.
‑ « 14 nouveaux cas de COVID-19 au Manitoba », Radio-Canada.ca


Dans la liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 », l’Office québécois de la langue française (OQLF) a bien une fiche « transmission communautaire » (< community transmission), mais rien sur la transmission locale et encore moins sur la contamination (contagion) locale. Le Grand Dictionnaire terminologique (GDT) est bien à la hauteur de la réputation qu’il a acquise à l’étranger d’être un dictionnaire de calques. Alors que la presse québécoise lui offre des exemples de l'utilisation du terme «contamination locale», il préfère opter pour le calque « transmission communautaire ».


La fiche a la note : « Dans le cas d'une transmission communautaire, la personne infectée n'a pas côtoyé, en connaissance de cause, de personnes connues atteintes par la maladie ». Personnes connues ? La personne infectée n’a pas côtoyé des personnes connues comme le prince Charles, Boris Johnson ou la femme de Justin Trudeau. Il aurait fallu écrire : de personnes dont on sait qu’elles sont atteintes de la maladie. Et que dire de « en connaissance de cause » ? Ne devrait-on pas plutôt écrire « volontairement » ? Toute la phrase est mal rédigée.


Puisqu’il est question d’épidémie et même de pandémie, pourquoi préférer le nom transmission à contamination ou à contagion ?


Le GDT contribue à la contamination, pardon !, à la transmission communautaire des anglicismes au Québec.



dimanche 3 mai 2020

La néologie en temps de pandémie/ 3



L’Académie plus rapide que le GDT de l’OQLF

J’ai noté dans mon billet du 29 avril dernier que, dans sa liste des « Fiches et articles en lien avec la COVID-19 », l’Office québécois de la langue française n’avait pas le mot anglais « cluster ». L’Académie française, pourtant pas réputée pour la rapidité de ses travaux, a mis en ligne dès le 2 avril un billet sur cet anglicisme :

Le 2 avril 2020
L’épidémie de coronavirus a touché notre pays, comme beaucoup d’autres. La presse et le gouvernement s’efforcent de donner toutes les informations utiles en évitant de créer des vagues de panique. Mais à côté du virus, et plus vite que lui, s’est répandu un anglicisme sur l’utilité duquel on peut légitimement s’interroger, le mot cluster. Les dictionnaires bilingues indiquent que ce mot a, entre autres sens (parmi lesquels celui de « bouquet »), ceux d’« amas », d’« agglomérat », de « groupe », auxquels on pourrait adjoindre des synonymes comme « agrégat » ou « foyer ». On recommandera donc vivement l’usage de l’une ou l’autre de ces formes si l’on veut s’adresser à des francophones, plutôt qu’un terme étranger, forcément moins bien compris.




vendredi 1 mai 2020

Les anglicismes contagieux/ 3




La Chine comme bouc émissaire : la stratégie semble avoir été minutieusement préparée par les stratèges républicains responsables de la campagne de réélection de Donald Trump, à en croire un plan de match dévoilé par le site Politico la semaine dernière. Le document de 57 pages balise les déclarations que les candidats républicains devraient faire en les incitant entre autres à associer à répétition les démocrates au gouvernement chinois.

Les lignes de communication mise [sic] en lumière insistent sur trois points : La Chine est responsable de la pandémie en ayant « dissimulé des informations », les démocrates sont trop « mous face à la Chine » et les républicains vont « chercher à sanctionner » la Chine pour sa contribution à la pandémie.

– Fabien Deglise, « Donald Trump accuse la Chine d’œuvrer contre sa réélection », Le Devoir, 1er mai 2020

En lisant « lignes de communication » dans cet article de journal, on pourrait s’imaginer naïvement qu’il s’agit de lignes téléphoniques. Mais non ! Encore une fois, nous avons affaire à un calque dont j’ai d’ailleurs déjà traité dans ce blog. En français, on parle aujourd’hui d’éléments de langage.


On lit aussi dans la presse québécoise « lignes de presse ».